Noisetier Truffier

Le noisetier truffier mycorhizé, un noisetier (Corylus avellana) dont les racines ont été associées en pépinière au champignon de la truffe noire, est la solution que beaucoup de planteurs envisagent pour produire plus tôt.

Notre producteur ne la recommande pas, et cette page dit exactement pourquoi : la production décline prématurément, et le noisetier draine avec lui le contaminant le plus dangereux de la trufficulture.

Si vous voulez produire de la truffe noire, demandez plutôt un devis de chêne truffier. Cette page vous donne de quoi trancher.

Noisetier truffier : jeune plant de noisetier mycorhizé en godet, feuilles rondes et dentées

Pourquoi le noisetier produit plus tôt

Le noisetier développe un système racinaire très traçant, avec beaucoup de racines et vite : c’est l’arbre des gorges, des ravins humides et des zones fraîches, où il pousse naturellement.

C’est ce système racinaire puissant qui explique sa précocité : il donne des truffes plus tôt que les Quercus.

Précoce ne veut pas dire rentable plus tôt. Les délais de production commerciale, entre 8 et 10 ans, restent ceux de la truffière dans son ensemble.

Ce qui vient après : le déclin prématuré

La production du noisetier truffier connaît ensuite un déclin prématuré. Ce que vous gagnez au début, vous le rendez plus tard, et une truffière se raisonne sur trente ans.

Le chêne vert, lui, entre plus tard mais tient : production maximale entre 12 et 18-20 ans, et des truffes jusqu’à 30 ans environ.

Le vrai risque : Tuber brumale

Le noisetier est beaucoup plus susceptible que le chêne d’être mycorhizé par d’autres champignons hypogés contaminants. C’est là que se joue la décision.

Tuber brumale, le contaminant le plus dangereux, s’observe fréquemment associé aux noisetiers, à l’état sauvage comme en plantation, où un pied finit souvent par apparaître avec le temps.

Il ne reste pas sur son arbre : il peut coloniser la parcelle et déplacer le développement de la truffe noire sur l’ensemble de la plantation. Ce n’est pas un rendement en moins, c’est une truffière qui produit une autre espèce.

C’est la raison pour laquelle notre producteur recommande les Quercus — chêne vert, chêne, chêne faginé — et pas le noisetier. Le chêne vert est celui qui résiste le mieux à cette colonisation.

Là où le noisetier se plante quand même

Le noisetier truffier se plante surtout pour une raison culturelle : dans les zones où la noisette est une culture traditionnelle, la truffe est arrivée comme culture complémentaire sur des arbres déjà en place.

C’est un choix cohérent quand la noisette compte autant que la truffe. Il l’est beaucoup moins quand l’objectif est la truffe noire.

Et si vous plantez du noisetier, la question de l’eau reste entière. En Espagne, cinq entreprises seulement sont spécialisées dans l’irrigation de truffières ; le reste du temps, c’est le plombier du coin.

Juger un plant de noisetier mycorhizé

Comme pour le chêne, la truffe vit sur les racines du noisetier en symbiose : l’arbre et le champignon s’apportent des nutriments l’un à l’autre. Si l’arbre manque, le champignon manque.

Le plant se juge donc de la même façon, et le contrôle compte ici plus qu’ailleurs, puisque le risque de contamination est plus élevé : c’est l’acheteur qui fait analyser le lot, dans un laboratoire extérieur spécialisé, autour de 65 € par plant analysé avec un minimum de cinq.

Le rapport dit le pourcentage de racines mycorhizées par la truffe, les espèces contaminantes présentes et leur degré de dangerosité. Le seuil des protocoles est de 33 % de Tuber melanosporum, l’idéal entre 55 et 70 %, et aucune mycorhize d’autres Tuber.

Si le lot ne passe pas, il repart entier à la pépinière avec le rapport et il est échangé sans surcoût — à condition d’avoir négocié cet accord avant de commander.

Ce que nous recommandons à sa place

La densité ne change pas avec l’essence : environ 300 plants par hectare. Ce qui change, c’est ce que vous récoltez dans vingt ans.

Pour une plantation destinée à la truffe noire, notre producteur met le chêne vert par défaut : il tient le froid jusqu’à −25 °C, il se taille facilement et il résiste mieux que toute autre essence à la colonisation par les contaminants.

Sur une parcelle en altitude ou sur argile, le chêne faginé prend le relais, avec un étêtage dès la plantation.

Dites-nous la surface, la région et le type de sol : nous vous répondons avec l’essence qui a du sens chez vous et un devis.

Les autres essences et la suite :

Le noisetier truffier produit-il plus que le chêne ?

Il produit plus tôt, pas plus. Sa production décline ensuite prématurément, alors que le chêne tient jusqu’à trente ans environ.

Qu’est-ce que Tuber brumale et pourquoi c’est un problème ?

C’est une truffe d’hiver sans valeur commerciale comparable, et le contaminant le plus dangereux pour une truffière. On l’observe fréquemment associée aux noisetiers, et elle peut déplacer la truffe noire sur toute la parcelle.

Faut-il alors renoncer au noisetier ?

Si l’objectif est la truffe noire, notre producteur recommande les Quercus. Le noisetier garde du sens là où la noisette est une culture à part entière et la truffe un complément.

Combien coûte un plant truffier ?

Le prix dépend de l’essence, de l’âge du plant, du volume commandé et de l’analyse du lot. Il se donne sur devis avec la surface.

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Indiquez-nous la surface, la région, le type de sol et ce que vous attendez de la parcelle. Nous vous répondons avec l’essence que nous recommandons chez vous, ce qu’il faut faire analyser et un devis. Les plants se réservent longtemps à l’avance.

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